Le ramadan 2027 devrait commencer autour du lundi 8 février. Pour un vendeur en paiement à la livraison, c’est à la fois le mois le plus prometteur et le plus piégeux de l’année : la demande monte, la journée de vos clients change d’heure, ils décrochent à d’autres moments, et une tenue de l’Aïd livrée le lendemain de la fête revient presque à coup sûr. Ce guide part du calendrier et remonte le temps : quoi stocker et quand, comment placer les publicités, comment adapter la confirmation et la livraison, puis comment terminer le mois sans un mur de retours.
Le calendrier du ramadan 2027 et le compte à rebours
Selon les calculs astronomiques relayés par La Presse, le mois de Ramadan 1448 devrait débuter le lundi 8 février 2027. The National retient la même prévision et précise que le mois durera 29 ou 30 jours. L’Aïd el-Fitr tomberait donc autour du 9 ou du 10 mars 2027. Ces dates restent des prévisions : la date reste toutefois prévisionnelle tant que le croissant n’a pas été observé et que l’annonce officielle n’est pas faite. Un jour d’écart est toujours possible, au début comme à la fin.
Deux conséquences pratiques. D’abord, toutes vos dates limites (dernière commande fournisseur, dernière commande client livrable avant l’Aïd) doivent être calculées sur le scénario le plus court, celui d’un Aïd le 9 mars. Ensuite, le ramadan se décale chaque année d’environ 10 à 11 jours : vos chiffres de l’an dernier restent utiles, mais ils ont été faits à une autre saison, avec d’autres produits saisonniers autour. Une boutique qui vendait des ventilateurs pendant le ramadan d’une année chaude ne les vendra pas en février.
Voici un rétroplanning simple, à adapter à vos délais fournisseurs :
| Quand | Stock | Publicité | Équipe et livraison |
|---|---|---|---|
| Huit semaines avant | Choisir les produits des deux vagues, passer les commandes fournisseurs | Lister les angles : ramadan, cadeaux, Aïd | Demander au transporteur ses horaires et ses jours de fermeture |
| Quatre semaines avant | Recevoir, contrôler, photographier | Tester les créations et les audiences à petit budget | Construire le planning des agents de confirmation |
| Première quinzaine | Réassort des produits du foyer et de la cuisine | Monter le budget sur ce qui a gagné en test | Appliquer les nouveaux horaires d’appel |
| Dernière semaine avant l’Aïd | Vêtements, enfants, cadeaux | Message « livré avant l’Aïd » avec date limite | Fermer les commandes livrables avant la fête, ville par ville |
| Après l’Aïd | Inventaire, invendus | Couper ou réorienter les campagnes | Suivre les retours et rapprocher les encaissements |
Ce qui change vraiment dans la demande
Le ramadan est un moteur de consommation bien documenté. Selon l’analyse du magazine Challenge reprise par Le360, la consommation des ménages connaît une augmentation moyenne de 18,2 % pendant le mois, les plateformes de commerce en ligne enregistrent une hausse des commandes pouvant atteindre 40 % et les transactions électroniques augmentent de 30 à 50 %, notamment pour les dons et la zakat. Dans la grande distribution, le ramadan peut représenter entre 25 et 35 % du chiffre d’affaires annuel.
Ces chiffres sont des ordres de grandeur, pas une promesse. Une mesure plus étroite, faite par Flowwow et Admitad sur plus de 700 000 transactions dans la région, montre que le Maroc a enregistré une hausse de 13 % de la valeur des ventes pendant le mois sacré, avec un panier moyen de 72 dollars, en hausse de 2,9 %. Les auteurs décrivent des consommateurs marocains qui maintiennent un niveau de dépense régulier plutôt que des pics brutaux. Retenez donc une croissance modérée pour votre prévision de base, et gardez les « jusqu’à 40 % » pour le scénario haut.
Le rythme compte autant que le volume. Toujours selon Challenge, dans la grande distribution, la demande atteint son pic durant les deux premières semaines avant de revenir progressivement à la normale après l’Aïd. Et le téléphone est le magasin : 75 % des achats en ligne au Maroc se font sur smartphone. Enfin, le paiement ne change pas avec le mois sacré : le paiement à la livraison reste utilisé par plus de huit acheteurs sur dix, alors que 24,9 % des Marocains ont acheté en ligne en 2024, contre 15,1 % cinq ans plus tôt. Plus de commandes veut donc dire plus d’appels de confirmation, plus de colis en route et, si rien ne change, plus de retours.
Stock : deux vagues, pas une
Le mois se joue en deux temps, avec des produits différents. La première vague, au début du mois, concerne le foyer : cuisine, service, décoration, linge de maison, petit électroménager, produits de soin. La seconde arrive dans les derniers jours : vêtements de l’Aïd, surtout pour enfants, tenues traditionnelles, cadeaux. Un commerçant de Taroudant l’a résumé à la MAP : les derniers jours du ramadan connaissent généralement un pic de la demande, les boutiques étant très fréquentées jusqu’à une heure tardive de la nuit.
Cette seconde vague passe de plus en plus par le téléphone. Le Matin notait déjà qu’aujourd’hui les Marocains préfèrent faire leurs achats sur les réseaux sociaux pour les tenues de l’Aïd, une mère de famille expliquant qu’elle préfère faire ses achats en ligne et se faire livrer à la maison. Chez un vendeur de Casablanca, la majorité des ventes des derniers jours concernent les vêtements pour enfants, et pour ces commerçants la période représentait plus de 20 % de leur chiffre d’affaires.
Les grandes entreprises, elles, se préparent plusieurs mois à l’avance : elles ajustent leurs stocks, planifient leurs budgets marketing et recrutent du personnel temporaire. À votre échelle, quelques règles suffisent :
- Prévoyez en commandes livrées, pas en commandes reçues. Si vous livrez sept commandes sur dix confirmées, c’est ce ratio qui dimensionne le stock vendu ; le reste revient et immobilise de la marchandise pendant le pic.
- Comptez le stock en transit et en retour. Pendant le ramadan, un colis refusé met du temps à revenir. Ce n’est pas du stock disponible pour la seconde vague.
- Tailles et couleurs : prévoyez l’échange. Sur les vêtements d’enfants, une mauvaise taille se transforme en refus si l’échange n’est pas proposé au téléphone.
- Ne commandez pas l’Aïd en même temps que le ramadan. Les produits de la seconde vague peuvent arriver plus tard, mais ils doivent être en rayon avant la dernière semaine, photographiés et testés en publicité.
Publicité : le soir, le téléphone et la concurrence
L’attention change d’heure. Une étude Integrate et Com & Talk Agency publiée par Telquel montre que le digital prend le relais juste après l’iftar, avec un pic d’engagement entre 22 h et 3 h du matin où l’engagement explose sur Facebook, Instagram et TikTok. Pendant ces soirées, 44 % des Marocains jonglent entre la télévision et leur smartphone. Vous ne serez pas seuls : le marché publicitaire du mois dépasse 2 milliards de dirhams, concentrés sur la télévision et le digital.
Attention à ne pas en tirer une règle trop simple. Les données Flowwow et Admitad situent 38 % des achats entre midi et six heures du soir. Les deux mesures ne portent pas sur la même chose, l’une sur l’engagement dans les réseaux sociaux, l’autre sur des achats en ligne, mais elles rappellent qu’un client peut découvrir le produit le soir et commander le lendemain. Avant de couper vos annonces en journée, testez la répartition horaire sur vos propres commandes.
- Testez avant, montez pendant. Les créations et audiences gagnantes se trouvent dans les semaines qui précèdent, à petit budget. Pendant le mois, on augmente sur ce qui marche au lieu d’apprendre dans la cohue.
- Parlez du moment. Un visuel de table de ftour, un message de cadeau, puis une échéance claire : « commandez avant telle date pour être livré avant l’Aïd ».
- Jugez au colis livré. Un coût par commande qui baisse le soir ne vaut rien si ces commandes ne décrochent pas à la confirmation. Les règles de rentabilité des publicités COD s’appliquent encore plus quand le budget gonfle.
Confirmation : déplacer les heures d’appel
Tout le pays décale sa journée. Pour le ramadan 2026, le gouvernement a instauré un horaire continu de 9 h à 15 h dans les administrations publiques. Vos clients vivent le même décalage : fatigue en fin d’après-midi, préparation du ftour, prière, puis une soirée active. Appeler au moment de la rupture du jeûne, c’est garantir un appel manqué et parfois un client agacé.
Concrètement, répartissez les appels sur deux plages : la fin de matinée et le début d’après-midi, puis la soirée après le ftour, quand le téléphone est de nouveau en main. Vos agents jeûnent aussi : des sessions plus courtes, des pauses avant le ftour et une rotation sur le créneau du soir évitent qu’un agent épuisé bâcle les appels de la seconde vague. Le WhatsApp, que Telquel cite parmi les canaux qui jouent un rôle clé dans les interactions directes avec les consommateurs, permet de laisser un message que le client lira après la prière.
Adaptez aussi le script : une formule de vœux en ouverture, un rappel de la date de livraison prévue et, pour l’Aïd, la question qui évite le refus : « si le colis arrive après la fête, le voulez-vous toujours ? ». Notre guide de la confirmation des commandes COD au Maroc détaille la méthode.
Livraison : horaires, dates limites et cas de l’Aïd
Le livreur subit le même rythme que le client. Une tentative en fin d’après-midi, juste avant le ftour, tombe souvent sur un client injoignable. Avant le mois, demandez à chaque transporteur ses horaires de ramassage pendant le ramadan, ses jours de fermeture autour de l’Aïd et son délai réel par ville pendant le pic : ce sont ces trois réponses qui fixent vos dates limites.
La règle la plus rentable du mois est la date limite « livré avant l’Aïd », calculée ville par ville. Une tenue d’enfant reçue après la fête n’a plus de raison d’être acceptée. Comme la demande culmine dans les derniers jours, c’est justement là que la tentation de prendre toutes les commandes est la plus forte. Trois options, à décider à l’avance :
- Afficher la date limite dans les annonces, sur la page produit et dans le message de confirmation, avec une date plus précoce pour les villes éloignées.
- Après la date limite, continuer à vendre en le disant clairement : « livraison après l’Aïd », confirmé au téléphone.
- Couper les produits spécifiques à l’Aïd et garder seulement les produits sans échéance.
Côté emballage, la seconde vague est souvent un cadeau : un carton propre, sans prix visible, réduit le refus à la porte devant la famille.
Après l’Aïd : retours, encaissements et leçons
La demande revient progressivement à la normale après l’Aïd. C’est le moment de faire les comptes avant d’oublier les détails. Les colis partis tard reviennent dans les jours qui suivent la fête ; suivez-les jusqu’au retour physique en stock, et rapprochez chaque encaissement transporteur des commandes livrées. Mesurez ensuite le taux de retour du mois par ville, par produit et par campagne, en séparant les refus, les injoignables et les colis arrivés après la fête : la méthode est dans notre article sur le taux de retour COD.
Notez enfin ce que vous ferez autrement l’an prochain : quel produit a manqué, quelle ville a livré trop lentement, quel créneau d’appel a le mieux confirmé. Comme le ramadan avance d’une dizaine de jours chaque année, ces notes valent plus que les chiffres bruts.
Ce que Cashod apporte pendant le ramadan
Cashod inclut un centre d’appels où vos agents confirment les commandes COD par téléphone : c’est là que vous appliquez les nouvelles plages horaires et que vous suivez le travail de chaque agent pendant le pic. Cashod peut aussi confirmer les commandes sur WhatsApp, y compris avec un agent IA, une option utile pour les commandes passées tard le soir, quand l’équipe a terminé sa journée.
Après l’Aïd, Cashod suit les colis retournés, et les frais de livraison et de retour de chaque transporteur se règlent par ville : vous voyez ce que la seconde vague vous a réellement coûté, ville par ville. Et si vous ouvrez une boutique dédiée à l’Aïd, un même compte Cashod peut gérer plusieurs boutiques.




