cashod
GUIDES

Emballage des colis e-commerce au Maroc : le guide

Carton, pochette, calage, étiquette, loi 77-15 et Code de commerce : emballer ses colis COD au Maroc pour limiter la casse, les refus et le coût par envoi.

Équipe éditoriale CashodGuides pour les vendeurs COD9 min de lecture
Emballage des colis e-commerce au Maroc : le guide
Table des matières

Dans une boutique en paiement à la livraison, l’emballage est le seul moment où le produit et le client se rencontrent avant que l’argent change de main. Le client ne paie qu’après avoir vu le colis. S’il arrive écrasé, mouillé ou déchiré, il a toutes les raisons de le refuser, et le vendeur paie deux fois : le produit abîmé et le trajet retour. À l’inverse, un carton trop grand ou un calage excessif coûte un peu sur chaque envoi, ce qui finit par peser sur la marge. Ce guide part de cette tension : protéger assez, sans payer pour du vide. Il couvre le choix du contenant selon le produit, le calage, la fermeture, l’étiquette, ce que dit le droit marocain quand un colis arrive cassé, et ce que la loi 77-15 change pour les sachets plastiques.

Ce que coûte réellement un colis mal emballé

Le paiement à la livraison est déjà exigeant sans casse. Un expert interrogé par Le Matin situe le taux de refus à la livraison entre 20 et 40 % pour le marchand. Chaque refus évitable compte donc, et un colis abîmé à la porte en est un : le client voit un carton enfoncé, imagine un produit cassé et refuse sans ouvrir.

La Poste le résume d’une phrase dans son guide pour les professionnels : la qualité du conditionnement détermine directement le taux de dommages à la livraison. Pour un vendeur COD, un colis abîmé coûte en réalité quatre choses :

  • le produit, s’il est cassé ou ne peut plus être revendu comme neuf ;
  • le trajet aller et, selon le transporteur, le retour, payés pour une vente qui n’a pas eu lieu ;
  • la publicité et la confirmation qui ont produit la commande ;
  • la confiance du client, qui risque de ne plus commander, ou d’en parler.

Pour chiffrer ce que vous perdez sur chaque colis revenu, reprenez la méthode de notre article sur la rentabilité par commande livrée : l’emballage y est un poste de coût à part entière, et la casse un poste de retour.

Qui paie la casse : ce que dit le Code de commerce

Au Maroc, le contrat de transport relève du titre VI de la loi n° 15-95 formant Code de commerce. Trois articles intéressent directement l’emballage.

L’article 475 ajoute un délai à retenir : pour une avarie qui n’était pas visible à la réception, la demande de vérification par experts doit être faite dès la découverte du dommage et dans les sept jours après la réception.

En pratique : photographiez les colis fermés avant le ramassage, gardez la trace de la remise au livreur, et notez toute réserve qu’il émet. Certains transporteurs proposent aussi une couverture ; Livo, par exemple, annonce une assurance complète optionnelle sur vos colis contre le dommage ou la perte. Lisez les conditions de la vôtre : ce qui est couvert, jusqu’à quel montant, et ce qui est exclu quand l’emballage est jugé insuffisant. Cet article n’est pas un avis juridique ; en cas de litige important, consultez un professionnel du droit.

Choisir le contenant selon le produit

Il n’existe pas de bon emballage universel, seulement un emballage adapté à ce que vous vendez. Le tableau ci-dessous couvre les familles de produits les plus courantes en COD :

ProduitContenantPoint de vigilance
Vêtements, textile, foulardsPochette d’expédition opaque et épaissePlier proprement ; un vêtement froissé déçoit à l’ouverture
Cosmétiques, parfums, huilesPetit carton avec calage, flacon dans un sachet ferméBouchon serré et scotché ; une fuite abîme aussi les autres colis du livreur
Verre, céramique, électroniqueCarton ondulé double cannelure, emballage individuelAucun jeu entre l’objet et les parois
Chaussures, sacsBoîte d’origine placée dans un carton ou une pochetteNe jamais coller l’étiquette directement sur la boîte de marque
Petits accessoires, bijouxPetite boîte rigide ou enveloppe matelasséeUn objet minuscule dans un grand carton se perd ou se casse

Pour les objets fragiles, La Poste recommande d’opter pour un carton ondulé double cannelure, d’envelopper chaque article individuellement dans du papier bulle ou du papier kraft et d’apposer la mention « Fragile » sur toutes les faces du colis. Retenez aussi le conseil de Colissimo : en cas de doute sur la solidité de l’emballage d’origine, sur-emballez. Quelques dirhams de carton coûtent moins qu’un retour.

Caler, fermer, étiqueter

Le calage. Le produit ne doit pas bouger quand vous secouez le colis fermé. Comblez le vide avec du papier froissé, du carton recyclé ou des coussins d’air. Colissimo conseille d’éviter le polystyrène, qui se désagrège vite et pollue. Testez vos emballages : La Poste fixe comme norme une résistance aux chutes jusqu’à 50 cm. Lâchez un colis-test de cette hauteur sur chaque face ; si le produit souffre, le calage est insuffisant.

La fermeture. Fermez les cartons en croix (en H) avec un adhésif large et solide : c’est la technique que La Poste privilégie et que Colissimo juge particulièrement robuste. Une fermeture solide décourage aussi l’ouverture discrète en cours de route.

L’étiquette. Colissimo demande une étiquette d’au moins 15 cm sur 10 cm, posée à plat sur la plus grande face, et conseille d’éviter de la poser sur une arête. Elle ne doit pas être sous une pochette plastique ou recouverte d’un scotch transparent empêchant le scan. Même si votre transporteur marocain ne passe pas tout au scanner, ces règles servent le livreur : un nom, un numéro de téléphone et une ville lisibles d’un coup d’œil évitent les erreurs de tri et les appels inutiles.

Ce qui ne doit pas partir. Comme le rappelle Colissimo, l’e-commerçant est responsable de ce qu’il expédie. Aérosols, produits inflammables et autres marchandises dangereuses suivent des règles strictes : demandez la liste de votre transporteur avant d’en vendre.

Emballage et refus à la porte

En COD, le colis est jugé avant d’être payé. Quelques choix d’emballage pèsent directement sur la décision du client :

  • Un extérieur neutre et propre. Pas de nom de produit visible, pas de logo de marque de luxe sur le carton : cela protège la vie privée du client et décourage le vol. Un carton réutilisé couvert d’anciennes étiquettes donne l’impression d’un produit d’occasion.
  • Un intérieur qui confirme la commande. Un bon de livraison avec le nom du produit, la taille ou la couleur choisie, le montant et un numéro de service client rassure au moment où le client hésite.
  • Un emballage qui se rouvre proprement. Si votre transporteur laisse le client vérifier le contenu avant de payer, demandez-le-lui, car les pratiques varient, prévoyez un emballage facile à ouvrir et à refermer. En cas de refus, le produit repart dans de bonnes conditions, car un article mal protégé en retour ne peut pas être remis en stock.

L’emballage ne remplace pas la confirmation : un client qui n’a jamais vraiment voulu le produit refusera aussi un colis impeccable. Les deux leviers se complètent, comme le montre notre article sur la mesure et la réduction du taux de retour, où le colis revenu abîmé forme une catégorie à part.

Réduire le coût de l’emballage sans fragiliser le colis

Le vide coûte deux fois. La Poste explique qu’un emballage surdimensionné génère un vide inutile qui augmente le poids volumétrique et donc le coût de transport, tout en fragilisant le colis. Pour ses envois aériens, Colissimo calcule ce poids volumétrique (longueur × largeur × hauteur en cm ÷ 5 000) et retient le plus élevé des deux poids. Les sociétés de livraison marocaines facturent souvent au colis, par ville ; demandez quand même à la vôtre si une tranche de poids ou de volume s’applique, avant qu’une facture vous l’apprenne.

Quelques habitudes qui baissent le coût sans risque :

  1. Standardisez trois ou quatre formats de cartons et de pochettes couvrant tout votre catalogue, et achetez-les en volume.
  2. N’emballez que les commandes confirmées. Préparer un colis qui sera annulé, c’est jeter du carton et du temps.
  3. Récupérez les emballages des retours intacts pour le calage ou les envois internes, jamais comme carton extérieur visible par un nouveau client.
  4. Externalisez si le volume le justifie. Certains transporteurs le proposent : Forcelog indique pouvoir préparer vos commandes et emballer vos colis avant de les expédier. Comparez ce prix à votre coût interne réel, temps compris, avec notre calculateur COD.

Sachets plastiques : ce que la loi 77-15 change

La loi n° 77-15, entrée en vigueur le 1er juillet 2016, interdit la fabrication, l’importation, l’exportation, la commercialisation et l’utilisation des sacs en plastique. Elle a été modifiée et complétée par la loi n° 57-18. L’enjeu était de taille : avant l’interdiction, le Maroc consommait 26 milliards de sacs plastiques par an.

Le résumé de la loi publié par la plateforme juridique du PNUE vise les sacs fournis, à titre onéreux ou gratuit, aux consommateurs dans les points de vente pour emballer leurs marchandises. Les sacs à usage industriel suivent un régime à part : un décret en fixe les caractéristiques techniques et en réserve la fourniture à ceux qui les utilisent pour cet usage. Le texte ne tranche pas explicitement le cas de la pochette d’expédition e-commerce. Deux règles prudentes s’en déduisent : n’ajoutez jamais un sac plastique de caisse (la « mika ») autour du colis, et achetez vos pochettes auprès d’un fournisseur déclaré, capable de vous dire à quelle catégorie elles appartiennent. Le carton et le papier restent l’option la plus sûre. Ne vous fiez pas à ce que vous voyez dans les souks : huit ans après l’entrée en vigueur de la loi, leur usage reste largement répandu, ce qui ne le rend pas légal.

Suivre la casse et les retours avec Cashod

Cashod suit les colis retournés, et les frais de livraison et de retour de chaque transporteur s’y règlent par ville : vous voyez donc ce que chaque colis revenu vous a coûté. Voir la gestion des retours. Pour n’emballer que des commandes solides, Cashod inclut un centre d’appels où les agents confirment les commandes COD par téléphone, et il peut confirmer les commandes sur WhatsApp, y compris avec un agent IA. Un même compte Cashod peut gérer plusieurs boutiques.

La liste à vérifier avant chaque ramassage

  1. La commande est confirmée et le produit correspond (taille, couleur, quantité).
  2. Le contenant est adapté au produit, sans vide ; le produit ne bouge pas quand on secoue.
  3. Les liquides sont bouchés, scotchés et ensachés ; les objets fragiles emballés un par un.
  4. Le carton est fermé en croix ; aucun nom de produit n’est visible de l’extérieur.
  5. L’étiquette est lisible, à plat, sur la plus grande face, non recouverte.
  6. Le bon de livraison est à l’intérieur ; une photo du colis fermé est prise.

Pour aller plus loin sur le choix du transporteur, consultez notre comparatif des tarifs de livraison COD par ville.

Tags
emballagelivraisoncodmarocretours
Écrit parÉquipe éditoriale CashodGuides pour les vendeurs COD
Partager
Retour au blog

Développez votre business COD

Démarrer l'essai gratuit

7 jours d’essai gratuit · Annulez à tout moment

Emballage des colis e-commerce au Maroc : le guide | Cashod