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Dropshipping COD au Maroc : bien choisir ses fournisseurs

Grossiste local ou import, douane depuis 2022, règles produit, commande test, accord écrit et retours : choisir et encadrer un fournisseur en dropshipping COD.

Équipe éditoriale CashodGuides pour les vendeurs COD11 min de lecture
Dropshipping COD au Maroc : bien choisir ses fournisseurs
Table des matières

« Sans stock » ne veut jamais dire que personne n’a de stock. En dropshipping avec paiement à la livraison, la marchandise est sur l’étagère d’un fournisseur plutôt que sur la vôtre, et c’est lui, pas vous, qui décide si un colis part à l’heure, s’il est dans la bonne taille et si un article retourné redevient un jour vendable. C’est pour cela qu’au Maroc le choix du fournisseur pèse plus lourd que le choix du produit. Ce guide porte sur ce choix : quel modèle demander, ce qu’implique vraiment l’import depuis que la douane a changé les règles, quels produits on a le droit de vendre, comment tester un fournisseur avant de payer de la publicité, quoi mettre par écrit et qui paie les retours quand c’est quelqu’un d’autre qui expédie.

Trois façons de vendre sans tenir de stock

Avant d’appeler un fournisseur, sachez quel arrangement vous lui demandez. Chacun place le stock, l’emballage et les retours à un endroit différent, et la plupart des litiges entre vendeurs et fournisseurs commencent par deux personnes qui pensaient chacune à un modèle différent.

ModèleQui détient le stockQui emballe et remet au transporteurOù vont les retoursVotre risque principal
Le fournisseur expédie pour vousUn grossiste ou un fabricant au MarocLe fournisseur, commande par commandeChez le fournisseurVous ne voyez ni le produit ni les retours
Vous récupérez, le fournisseur stockeLe fournisseurVous, après enlèvement de la marchandiseChez vousLe temps perdu en allers-retours ; l’article peut manquer à votre arrivée
Petits lots achetés d’avanceVous, ou un entrepôt que vous payezVous ou l’entrepôtChez vous ou à l’entrepôtDe la trésorerie immobilisée dans des unités qui peuvent ne pas se vendre

Le premier modèle est celui que la plupart des gens appellent dropshipping, et c’est celui qui occupe l’essentiel de ce guide, parce qu’il donne le plus de pouvoir au fournisseur. Le deuxième est plus lent mais vous permet d’inspecter chaque article avant son départ. Le troisième n’est plus « sans stock » : c’est là qu’arrivent beaucoup de vendeurs quand un produit a fait ses preuves et que l’arrangement à la commande devient trop fragile pour le volume. Quel que soit votre choix, nommez-le dès la première conversation, puis dans l’accord écrit.

Où chercher ? Les fournisseurs qui travaillent avec des vendeurs COD sont des grossistes qui livrent déjà des boutiques, de petits fabricants (textile, cosmétique, maison) et des importateurs qui ont leur propre stock. Posez-leur à tous la même première question : préparez-vous déjà des colis pour des vendeurs en ligne, et pour combien d’entre eux ? Un fournisseur qui ne l’a jamais fait apprendra sur vos commandes.

Importer : ce que la douane a changé

Commander sur une plateforme étrangère et faire envoyer chaque colis directement à votre client marocain ressemble au dropshipping le plus pur. La douane a fermé cette porte en 2022. Selon le communiqué de l’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) publié intégralement par Médias24, depuis le 1er juillet 2022 les achats effectués via les plateformes internationales de commerce électronique sont exclus de l’exonération des droits de douane, quelle qu’en soit la valeur. La franchise ne subsiste que pour les envois sans caractère commercial dont la valeur n’excède pas 1 250 dirhams, comme un colis envoyé par un proche.

L’ADII a justifié la mesure par ce que ses enquêtes avaient révélé : des importations commerciales déguisées en petits colis, avec sous-facturation ou répartition des achats entre plusieurs bénéficiaires alors que l’acheteur réel était une seule personne. Le vendeur qui fractionne l’envoi d’un fournisseur en petits colis pour passer sous un seuil fait exactement ce que la règle vise.

Le coût d’une importation commerciale dépend du produit et de son origine. La source de l’ADII citée par Médias24 donnait ces taux généraux en 2022 :

Ces taux datent de 2022 et varient d’une ligne tarifaire à l’autre : prenez-les comme des ordres de grandeur, pas comme un devis. Avant de commander, cherchez le produit dans ADIL, le tarif douanier en ligne, conçu pour quiconque prévoit une opération d’importation à caractère commercial. En plus des droits et taxes, il indique les documents à produire et les normes à respecter pour chaque produit, la partie que les débutants oublient.

Conclusion pratique pour le COD : le modèle repose sur une marchandise déjà présente au Maroc. Un colis qui traverse une frontière à chaque commande ne peut pas être confirmé le matin et encaissé à la porte le lendemain. L’import a sa place dans le troisième modèle, par lots, déclaré au nom d’une entreprise enregistrée, une fois qu’un test local a montré que le produit se vend.

Ce produit peut-il être vendu au Maroc ?

Qu’un fournisseur propose un produit ne le rend pas vendable. Les produits industriels relèvent de la loi 24-09 relative à la sécurité des produits et des services. Comme le résume Aujourd’hui le Maroc, tout produit industriel soumis à une réglementation technique nationale et importé pour être vendu doit apporter la preuve de sa conformité, attestée notamment par le marquage « C ».

Ces contrôles ne sont pas théoriques. Pour 2024, le ministère de l’Industrie et du Commerce a fait état, selon Hespress, d’essais sur 7 101 prélèvements de produits importés, qui ont relevé 798 importations non conformes et conduit à l’interdiction de plus de 5 583 tonnes de produits, surtout du textile et de l’habillement, des matériaux de construction, des appareils électriques, des pièces automobiles et des appareils à gaz. Les vêtements et le petit électrique sont précisément ce que vendent beaucoup de boutiques COD.

Acheter chez un grossiste local ne vous place pas hors de ces règles. La surveillance du marché se fait aussi sur place : les agents du ministère contrôlent fabricants, grossistes et détaillants et peuvent prélever des échantillons, et le propriétaire du produit doit présenter les factures correspondantes. Un fournisseur incapable de vous remettre une vraie facture vous transmet un problème que vous ne pourrez pas expliquer plus tard.

Certaines catégories ont leur propre régulateur : l’alimentaire relève de l’ONSSA, les médicaments et produits de santé de l’AMMPS, chacun avec sa loi spécifique. Cosmétiques, compléments alimentaires et tout produit qui promet un effet sur la santé méritent une vérification auprès de l’autorité compétente avant la première publicité.

Reste l’étiquette. Le décret de 2013 pris pour l’application de la loi 31-08 sur la protection du consommateur exige que les mentions obligatoires de l’étiquette soient rédigées en arabe, éventuellement accompagnées d’autres langues, et que le mode d’emploi le soit au moins en arabe. Un produit qui arrive avec une étiquette dans une seule langue étrangère, ou sans notice, est un refus ou une réclamation en attente.

Une dernière règle vous concerne vous, et non le produit. Vendre des marchandises est une activité commerciale ; sous le statut d’auto-entrepreneur, le plafond de chiffre d’affaires annuel est de 500 000 MAD pour l’activité commerciale, contre 200 000 MAD pour les services. Réglez la question de la forme juridique avant que le volume ne la rende urgente.

Tester un fournisseur avant la première publicité

Un budget publicitaire amplifie tout ce qui ne va pas chez un fournisseur. Une préparation lente qui vous coûte deux commandes pendant une semaine de test vous en coûte deux cents pendant une bonne campagne. Testez d’abord, annoncez ensuite :

  1. Identifiez l’entreprise. Raison sociale, adresse, identifiant commun de l’entreprise (ICE) sur la facture. Il vous faut des factures présentables et un interlocuteur que vous pourrez retrouver en cas de problème.
  2. Passez une commande test comme un client. Faites-la livrer dans une autre ville, par le transporteur que le fournisseur utilisera vraiment. Notez le délai entre la commande et la remise au transporteur, l’emballage, l’étiquette et l’état du produit à l’arrivée.
  3. Demandez les papiers des produits réglementés : certificat de conformité ou documents d’import, et l’étiquette en arabe. Un fournisseur qui se braque à cette question y a déjà répondu.
  4. Vérifiez la profondeur du stock. Combien d’unités disponibles aujourd’hui, quel délai de réassort, et si le même produit est vendu en même temps à d’autres boutiques. Un produit partagé par beaucoup de vendeurs, c’est une guerre des prix et des audiences publicitaires usées.
  5. Testez le processus, pas seulement le produit. Envoyez quelques vraies commandes sur plusieurs jours, dont une vers une ville éloignée et une que vous annulez après préparation. La façon dont le fournisseur gère l’annulation annonce la façon dont il gérera les retours.
  6. Demandez où vont les colis retournés et comment vous le saurez. Un fournisseur sans réponse claire ne l’a jamais fait.

Visitez l’entrepôt si vous le pouvez. Dix minutes sur place montrent comment les commandes sont préparées, si le stock est compté et si vos produits sont rangés à part. Rassemblez dès le départ les coordonnées, prix et conditions de chaque fournisseur au même endroit ; les pages fournisseurs et bons de commande montrent une façon d’organiser ce suivi.

Ce qu’il faut mettre par écrit

La plupart des relations avec un fournisseur commencent par un message vocal. Cela suffit pour un premier test ; plus du tout quand vous dépensez chaque jour en publicité. Un accord écrit court, une ou deux pages signées des deux côtés, doit couvrir :

  • Le prix et sa durée : le prix unitaire, ce qu’il comprend (emballage, étiquette, remise au transporteur), combien de temps il tient et le préavis avant tout changement.
  • Le stock : une quantité réservée pour vous, une alerte avant rupture, et le sort des commandes déjà confirmées pour un article épuisé.
  • Le délai de préparation : l’heure limite pour une préparation le jour même et le délai maximal avant remise au transporteur.
  • L’emballage : neutre ou à votre marque, et jamais la liste de prix ou le prospectus du fournisseur dans le colis.
  • Le transporteur et l’expéditeur : qui réserve l’envoi, qui paie la livraison, et quel nom et quelle adresse figurent comme expéditeur. Cette dernière ligne décide de l’endroit où reviennent les retours.
  • Les retours : qui les reçoit, qui les contrôle, en combien de temps un article retourné est remis en stock et vous est signalé, qui paie les frais de retour et ce que deviennent les articles abîmés.
  • Défauts et rétractation : selon la loi 31-08 relative à la protection du consommateur, le consommateur qui achète à distance dispose de sept jours pour se rétracter, avec des exceptions comme les biens fabriqués selon ses spécifications. Décidez qui supporte un article renvoyé pendant ce délai ou trouvé défectueux.
  • Le paiement : quand vous payez le fournisseur (d’avance, par commande livrée, chaque semaine) et le relevé qui accompagne chaque paiement, avec commandes, statuts et montants.
  • Les données clients : le fournisseur reçoit les noms, numéros et adresses de vos clients. Écrivez qu’ils servent uniquement à l’expédition.

Les retours quand le fournisseur expédie

C’est sur les retours que le dropshipping fournisseur gagne ou perd son argent. Un expert interrogé par Le Matin situe le taux de refus à la livraison entre 20 et 40 % pour le marchand. Chaque refus est un colis qui a quitté une étagère, a voyagé, et doit revenir chez quelqu’un.

Chez qui ? Chez l’expéditeur. Les transporteurs renvoient les colis non livrés à celui qui les a confiés : Ameex écrit par exemple que les colis non livrés vous reviennent sans frais. Quand l’expéditeur est le fournisseur, le colis retourne sur son étagère, et vous n’en savez que ce qu’il vous en dit.

Les frais dépendent aussi du point de départ. La grille publique d’Olivraison se filtre par entrepôt de départ et affiche pour Casablanca 25 DH pour un colis livré, 0 DH pour un retour et 10 DH pour une annulation ; d’autres transporteurs facturent les retours. La ville et le transporteur du fournisseur fixent donc une partie de vos coûts, et l’accord doit dire qui paie chaque ligne.

Faites vos calculs par commande livrée, pas par commande reçue. Le coût de chaque colis refusé (frais de livraison ou de retour, publicité qui a amené la commande, temps de confirmation) est payé par les commandes effectivement livrées. Le calculateur COD fait ce calcul avec vos propres chiffres. Installez ensuite une routine :

  • chaque semaine, rapprochez trois listes : les statuts de vos commandes, le relevé du transporteur et le registre des retours du fournisseur ;
  • demandez une photo de chaque article retourné à son arrivée chez le fournisseur, avant sa remise en rayon ;
  • comparez le stock annoncé par le fournisseur aux unités envoyées moins les unités livrées.

Un écart ponctuel est une erreur. Un écart qui revient chaque semaine est une décision que quelqu’un d’autre prend avec votre argent.

La check-list avant de lancer

  1. Le modèle est choisi et écrit : qui détient le stock, qui expédie, où vont les retours.
  2. Le produit est autorisé, étiqueté en arabe et, s’il est réglementé, accompagné de ses papiers.
  3. S’il est importé, les droits sont vérifiés dans ADIL et payés sur une importation commerciale déclarée.
  4. Une commande test et quelques vraies commandes sont passées, annulation comprise.
  5. L’accord couvre prix, stock, délai de préparation, expéditeur, retours, défauts, paiement et données clients.
  6. Le coût par commande livrée est calculé avec un taux de refus réaliste.
  7. Le rapprochement hebdomadaire a un responsable et un jour fixe.

La place de Cashod

Cashod ne fournit pas de produits. Il prend en charge le côté commandes du travail décrit plus haut :

  • il inclut un centre d’appels où les agents confirment les commandes COD par téléphone ;
  • il peut confirmer les commandes sur WhatsApp, y compris avec un agent IA ;
  • il suit les colis retournés, et les frais de livraison et de retour de chaque transporteur se règlent par ville (voir retours) ;
  • un même compte Cashod peut gérer plusieurs boutiques ;
  • tout autre transporteur peut être ajouté manuellement, sans création automatique des expéditions ni suivi.

Si vous débutez, la page consacrée aux nouveaux vendeurs détaille les premières étapes.

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Écrit parÉquipe éditoriale CashodGuides pour les vendeurs COD
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